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Ce qui suit est présenté comme un interview pour plus de fluidité et est construit à partir des principales questions que l’on m’a posées sur le sujet ces dernières années.
C’est parti !

– Beaucoup vous suivent depuis des années et ont noté un changement assez brutal de direction dans votre vie. On ne vous voit plus aux diverses conventions, votre ministère public est quasi inexistant, beaucoup de rumeurs circulent sur vous. Donc plusieurs questions me brûlent les lèvres : Êtes-vous encore chrétien ? Vous êtes-vous éloigné de la foi ?
– Je ne peux pas le nier, il y a eu changement, je dirais même plusieurs changements.
En novembre 1983 ma vie a été bouleversée par une irruption de Jésus dans ma vie, il m’a saisi. En Mars 2002, j’ai vécu une NDE où j’ai eu l’impression de passer plusieurs semaines avec Jésus, le changement ici a été plus grand (les ondes de choc continuent encore aujourd’hui), puis en 2015 est venu un autre tournant, celui où j’ai découvert progressivement le « Lekh Lekha ».
À la question : Suis-je encore chrétien ? Ce n’est pas à moi de le dire, c’est aux autres de dire s’ils voient Christ au travers de moi. Je pense que personne ne devrait s’auto-proclamer chrétien, c’est aux autres de le voir. La première fois que le mot « chrétien » a été employé, c’était par des non-croyants pour désigner les disciples et non par les croyants pour se justifier ou sidéré de entifier (1).
Me suis-je détourné de la foi ? Non !  mais d’un système de croyance qu’on m’avait enseigné, sans aucun doute.
Ai-je perdu la foi pour autant ? Non ! je pense l’avoir enfin trouvée.
Ai-je arrêté les réunions publiques ? Non. Mais je fonctionne différemment, car ce n’est pas une soirée ou un weekend qui va réellement changer la donne, qui va transformer une personne en disciple. Il faut du temps et une pédagogie sur le long terme.

– Qu’est-ce que vous appelez le « Lekh Lekha » ?
– C’est une quête du divin là où il se trouve, c’est-à-dire dans l’homme. C’est une progression, une communion, une foi, une mise à disposition et une vulnérabilité. C’est une pratique de la présence de Dieu, le plus souvent dans le silence.

– Ne craignez-vous pas qu’on vous assimile au New Age ?
– Immanquablement, il y aura toujours des personnes aux idées courtes qui feront des raccourcis et placeront ce qu’ils entendent dans diverses boîtes, ça les rassure de penser maîtriser la question.
Quoi que l’on dise, ça fera toujours l’objet d’interprétations et parfois de pseudo-discernements.

– Revenons au « lekh lekha », est-ce une nouvelle mode ?
– Non pas du tout, c’est plutôt un autre nom sur une pratique ancienne, celle de l’intériorité. C’est de l’ésotérisme (dans le sens étymologique du mot) plutôt que de l’exotérisme.
En fait ce nom vient de l’injonction en hébreu faite à Abram, lors de son appel (2), qui signifie « va vers toi ». Ces mots ont été pour moi la genèse de cette révélation et de cette pratique. C’est la raison pour laquelle j’utilise, personnellement et affectueusement, ce nom pour décrire cette « discipline ».
Peu importe comment on la nomme pourvu qu’on ait la pratique.

– Donc un nouveau but à atteindre alors ?
– Non plus. Déjà pourquoi voir quelque chose de nouveau dans cette pratique. Je le vois plutôt comme une redécouverte de quelque chose de fondamental que nous avions perdu.
Il n’est nullement question de considérer le « lekh lekha » comme un but à atteindre mais plus comme un moyen. C’est un chemin et non le but.
De plus, l’idée de but à atteindre contient une pensée de faire, de performance et là nous sommes aux antipodes de la mentalité de la pratique.

– Vous avez dit fondamentale, si c’est si important, pourquoi Jésus n’en parle-t-il pas ?
C’est sûr que si vous cherchez le terme « Lekh Lekha » dans le nouveau testament ça va être difficile mais je rappelle que c’est juste une expression liée à mon expérience personnelle. Il est question ici d’intériorité. De nombreux textes nous montrent que Jésus pratiquait l’intériorité, il « localisait » le Père en lui donc sa communion était interne. De plus, une des paroles de Jésus les plus connues « cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice… » (3) est précisée par une autre de ses paroles « le royaume est au-dedans de vous » (4). Juste avec ces deux paroles nous avons une feuille de route : Chercher le royaume est une priorité et c’est au-dedans de nous qu’il convient de le chercher. J’aurai plein d’autres versets mais le temps n’est pas à l’étude biblique.

– Et Paul ? c’est quand même l’auteur le plus prolifique du Nouveau Testament !
– Sous cette nouvelle alliance, Paul nous dit par deux fois que nous sommes le temple (5). Si nous sommes le nouveau temple cela signifie qu’il y a un nouveau sacerdoce et celui-ci se fait dans le nouveau temple que nous sommes. Nous cherchons, adorons et servons Dieu dans son nouveau temple, donc en nous. D’autre part, pour reprendre votre expression, je dirai que Paul est l’auteur le plus prolifique sur la question de « Christ en nous ».

– Cette pratique remplace donc la prière ?
– Non pas du tout, pour ma part, après plusieurs années de pratique, je continue de prier mais pas comme avant, cela transforme immanquablement la prière. N’y a-t-il pas un temps pour parler ou prier et un temps pour se taire ? Se taire avant de parler change les mots.

– Vous venez de dire « se taire », vous avez aussi parlé de silence. Pourquoi le silence ?
– Tout d’abord je voudrais clarifier, il ne s’agit pas d’un silence subi ou privatif mais d’un silence conscient et volontaire. Il ne s’agit pas non plus d’un silence passif mais d’un silence actif. Se tenir en silence c’est s’abstenir de parler (en incluant la prière), c’est aussi s’abstenir de monologue et de dialogue (autant extérieurement qu’intérieurement). Se tenir dans ce silence actif c’est communier en transcendant la définition des mots.

– Donc ne plus penser ?
– Penser de ne plus penser, ne serait-ce pas rajouter une pensée !
Nous n’avons pas de bouton « OFF » pour nos pensées et il est tout à fait normal de penser (ça serait très inquiétant de ne plus penser, ça montrerait sûrement un état de mort cérébrale).
Le « défi » ici est de prendre de la distance avec nos pensées, de les laisser passer toutes seules, ne pas se laisser distraire par elles et de ne pas leur accorder notre attention. Avec la pratique ça devient de plus en plus facile.
Nous ne pouvons pas être réduit à des êtres pensants, je ne suis pas obligé de m’identifier à ma partie pensante. Nous sommes aussi des êtres communiants et c’est avec cette partie de mon être que je m’identifie et me tiens tranquillement devant La Présence.  Peu importe si ma partie pensante est en pleine activité, je garde mon « étanchéité ».

– Dieu n’est-il pas partout ? Pourquoi alors le chercher uniquement à l’intérieur ?
– Oui Dieu est partout mais c’est vraiment dans notre for intérieur qu’on « se fond » en Lui, que se trouve « l’organe » de communion intime avec Lui. Le trouver à l’intérieur c’est aussi être rendu capable de le voir à l’extérieur, y compris chez les autres. Celui qui trouve la communion dans son cœur la garde partout où qu’il soit, peu importe le lieu ou le contexte, il n’est plus affecté par les « stimulis » extérieurs.

– En pratique, que pouvons-nous attendre d’expérimenter durant ces temps ?
– Rien, absolument rien. Le but n’est pas de penser ou ne pas penser, faire ou ne pas faire, sentir ou ne pas sentir, expérimenter ou ne pas expérimenter. C’est juste se tenir présent à la Présence, sans rien attendre.
Pour ma part, après bientôt six ans de pratique, je peux dire que durant 99% de ces temps je ne vis rien et je me complais dans la non-expérience.
On ne valide pas l’intériorité comme on a appris à valider l’extériorité (expériences comme preuves, action/réaction, causes/effets, investissements/retour).
Je tiens tout de même à clarifier que, si de manière consciente nous ne vivons rien, cela ne signifie pas qu’il ne se passe rien. C’est comme un téléchargement inconscient d’un nouveau programme mais ça, on le constate plus tard.

– Et que découvrons-nous ?
– Au fil du temps nous constatons une transformation de nous-même qui vient de l’intérieur, le principe d’une métamorphose.
Un changement de conscience. Conscience de qui je suis, de qui est l’autre, de qui est Dieu.
Conscience de la présence de Christ en moi, de mon union en Lui.
Cela amène une paix, une confiance, une sécurité.
Vivre en conscience n’est pas une autosuggestion, ça ne se vit pas non plus « par la foi », car ça devient un fait pour nous.
Ce changement de conscience entraine un changement de perception de toute chose, un changement d’attitude.
D’autre part, à force de vivre des temps où l’on se dissocie des pensées et où l’on devient observateur, il est beaucoup plus facile de faire « le tri », plus facile de détecter nos vieux référentiels et de collaborer au changement, ce que Paul appelle le renouvellement de l’intelligence et la repentance (dans le vrai sens du terme, un changement de pensée, de point de vue).
Enfin pour ma part, je suis né curieux, j’ai toujours eu soif de connaître, tant de chose m’intéressent et je suis capable de me donner les moyens pour étudier différents domaines. Ceci étant dit, aujourd’hui je suis moins « fan » de la connaissance académique que de la connaissance révélée (qu’on appelle parfois gnose), celle qui vient par fulgurances. Celle qui vient de l’Esprit dont Jésus nous a dit qu’il nous enseignerait toute chose.

– Gnose ? Vous faites référence aux gnostiques des premiers siècles ?
– Pas du tout, je parle juste de cette connaissance (pas forcément académique) qui dans le nouveau testament se dit en grec gnosis (et epignosis) qui a donné le mot gnose.

– Et cette pratique d’intériorité quand l’arrêtons-nous ?
– Ce n’est pas parce qu’on sait enfin où est la source qu’on cesse d’y puiser.
Pour ma part je continue et je me délecte. La différence avec les premières années c’est que la conscience de sa présence est toujours là, dans les bons comme dans les mauvais jours, ça change tout.
Je suis passé de la discipline à la conscience mais ça ne m’empêche pas de continuer de prendre des temps à part.
Il est écrit : En lui est la vie, le mouvement et l’être (6). Je reste dans le mouvement tout en restant dans le repos.

– Un dernier mot pour encourager à prendre ce chemin.
–  Ce chemin est vraiment à la portée de tous.
Sachant cela, j’ai juste deux questions :
Prendrez-vous le temps de l’emprunter ?
Le ferez-vous vraiment ou ferez-vous juste un essai ?

———————————————-
(1) Actes.11 :26
(2) Genèse 12 : 1
(3) Matthieu 6 :33
(4) Luc 7 :11
(5) 1 corinthiens 3 :16 et 1 corinthiens 6 :19
(6) Actes 17 :28


Ce qui suit est présenté comme un interview pour plus de fluidité et est construit à partir des principales questions que l’on m’a posées sur le sujet ces dernières années.
C’est parti !

– Beaucoup vous suivent depuis des années et ont noté un changement assez brutal de direction dans votre vie. On ne vous voit plus aux diverses conventions, votre ministère public est quasi inexistant, beaucoup de rumeurs circulent sur vous. Donc plusieurs questions me brûlent les lèvres : Êtes-vous encore chrétien ? Vous êtes-vous éloigné de la foi ?
– Je ne peux pas le nier, il y a eu changement, je dirais même plusieurs changements.
En novembre 1983 ma vie a été bouleversée par une irruption de Jésus dans ma vie, il m’a saisi. En Mars 2002, j’ai vécu une NDE où j’ai eu l’impression de passer plusieurs semaines avec Jésus, le changement ici a été plus grand (les ondes de choc continuent encore aujourd’hui), puis en 2015 est venu un autre tournant, celui où j’ai découvert progressivement le « Lekh Lekha ».
À la question : Suis-je encore chrétien ? Ce n’est pas à moi de le dire, c’est aux autres de dire s’ils voient Christ au travers de moi. Je pense que personne ne devrait s’auto-proclamer chrétien, c’est aux autres de le voir. La première fois que le mot « chrétien » a été employé, c’était par des non-croyants pour désigner les disciples et non par les croyants pour se justifier ou s’identifier (1).
Me suis-je détourné de la foi ? Non mais d’un système de croyance qu’on m’avait enseigné, sans aucun doute.
Ai-je perdu la foi pour autant ? Non ! je pense l’avoir enfin trouvé.
Ai-je arrêté les réunions publiques ? Non. Mais je fonctionne différemment, car ce n’est pas une soirée ou un weekend qui va réellement changer la donne, qui va transformer une personne en disciple. Il faut du temps et une pédagogie sur le long terme.

– Qu’est-ce que vous appelez le « Lekh Lekha » ?
– C’est une quête du divin là où il se trouve, c’est-à-dire dans l’homme. C’est une progression, une communion, une foi, une mise à disposition et une vulnérabilité. C’est une pratique de la présence de Dieu, le plus souvent dans le silence.

– Ne craignez-vous pas qu’on vous assimile au New Age ?
– Immanquablement, il y aura toujours des personnes aux idées courtes qui feront des raccourcis et placeront ce qu’ils entendent dans diverses boîtes, ça les rassure de penser maîtriser la question.
Quoi que l’on dise, ça fera toujours l’objet d’interprétation et parfois de pseudo-discernement.

– Revenons au « lekh lekha », est-ce une nouvelle mode ?
– Non pas du tout, c’est plutôt un autre nom sur une pratique ancienne, celle de l’intériorité. C’est de l’ésotérisme (dans le sens étymologique du mot) plutôt que de l’exotérisme.
En fait ce nom vient de l’injonction en hébreu faite à Abram, lors de son appel (2), qui signifie « va vers toi ». Ces mots ont été pour moi la genèse de cette révélation et de cette pratique. C’est la raison pour laquelle j’utilise, personnellement et affectueusement, ce nom pour décrire cette « discipline ».
Peu importe comment on la nomme pourvu qu’on ait la pratique.

– Donc un nouveau but à atteindre alors ?
– Non plus. Déjà pourquoi voir quelque chose de nouveau dans cette pratique. Je le vois plutôt comme une redécouverte de quelque chose de fondamental que nous avions perdu.
Il n’est nullement question de considérer le « lekh lekha » comme un but à atteindre mais plus comme un moyen. C’est un chemin et non le but.
De plus, l’idée de but à atteindre contient une pensée de faire, de performance et là nous sommes aux antipodes de la mentalité de la pratique.

– Vous avez dit fondamentale, si c’est si important, pourquoi Jésus n’en parle-t-il pas ?
C’est sûr que si vous cherchez le terme « Lekh Lekha » dans le nouveau testament ça va être difficile mais je rappelle que c’est juste une expression liée à mon expérience personnelle. Il est question ici d’intériorité. De nombreux textes nous montrent que Jésus pratiquait l’intériorité, il « localisait » le Père en lui donc sa communion était interne. De plus, une des paroles de Jésus les plus connues « cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice… » (3) est précisée par une autre de ses paroles « le royaume est au-dedans de vous » (4). Juste avec ces deux paroles nous avons une feuille de route : Chercher le royaume est une priorité et c’est au-dedans de nous qu’il convient de le chercher. J’aurai plein d’autres versets mais le temps n’est pas à l’étude biblique.

– Et Paul ? c’est quand même l’auteur le plus prolifique du Nouveau Testament !
– Sous cette nouvelle alliance, Paul nous dit par deux fois que nous sommes le temple (5). Si nous sommes le nouveau temple cela signifie qu’il y a un nouveau sacerdoce et celui-ci se fait dans le nouveau temple que nous sommes. Nous cherchons, adorons et servons Dieu dans son nouveau temple, en nous. D’autre part, pour reprendre votre expression, je dirai que Paul est l’auteur le plus prolifique sur la question de « Christ en nous ».

– Cette pratique remplace donc la prière ?
– Non pas du tout, pour ma part, après plusieurs années de pratique, je continue de prier mais pas comme avant, cela transforme immanquablement la prière. N’y a-t-il pas un temps pour parler ou prier et un temps pour se taire ? Se taire avant de parler change les mots.

– Vous venez de dire « se taire », vous avez aussi parlé de silence. Pourquoi le silence ?
– Tout d’abord je voudrais clarifier, il ne s’agit pas d’un silence subi ou privatif mais d’un silence conscient et volontaire. Il ne s’agit pas non plus d’un silence passif mais d’un silence actif. Se tenir en silence c’est s’abstenir de parler (en incluant la prière), c’est aussi s’abstenir de monologue et de dialogue (autant extérieurement qu’intérieurement). Se tenir dans ce silence actif c’est communier en transcendant la définition des mots.

– Donc ne plus penser ?
– Penser de ne plus penser, ne serait-ce pas rajouter une pensée !
Nous n’avons pas de bouton « OFF » pour nos pensées et il est tout à fait normal de penser (ça serait très inquiétant de ne plus penser, ça montrerait sûrement un état de mort cérébrale).
Le « défi » ici est de prendre de la distance avec nos pensées, de les laisser passer toutes seules, ne pas se laisser distraire par elles et de ne pas leur accorder notre attention. Avec la pratique ça devient de plus en plus facile.
Nous ne pouvons pas être réduit à des êtres pensants, je ne suis pas obligé de m’identifier à ma partie pensante. Nous sommes aussi des êtres communiants et c’est avec cette partie de mon être que je m’identifie et me tiens tranquillement devant La Présence.  Peu importe si ma partie pensante est en pleine activité, je garde mon « étanchéité ».

– Dieu n’est-il pas partout ? Pourquoi alors le chercher uniquement à l’intérieur ?
– Oui Dieu est partout mais c’est vraiment dans notre for intérieur qu’on « se fond » en Lui, que se trouve « l’organe » de communion intime avec Lui. Le trouver à l’intérieur c’est aussi être rendu capable de le voir à l’extérieur, y compris chez les autres. Celui qui trouve la communion dans son cœur la garde partout où qu’il soit, peu importe le lieu ou le contexte, il n’est plus affecté par les « stimulis » extérieurs.

– En pratique, que pouvons-nous attendre d’expérimenter durant ces temps ?
– Rien, absolument rien. Le but n’est pas de penser ou ne pas penser, faire ou ne pas faire, sentir ou ne pas sentir, expérimenter ou ne pas expérimenter. C’est juste se tenir présent à la Présence, sans rien attendre.
Pour ma part, après bientôt six ans de pratique, je peux dire que durant 99% de ces temps je ne vis rien et je me complais dans la non-expérience.
On ne valide pas l’intériorité comme on a appris à valider l’extériorité (expériences comme preuves, action/réaction, causes/effets, investissements/retour).
Je tiens tout de même à clarifier que, si de manière consciente nous ne vivons rien, cela ne signifie pas qu’il ne se passe rien. C’est comme un téléchargement inconscient d’un nouveau programme mais ça, on le constate plus tard.

– Et que découvrons-nous ?
– Au fil du temps nous constatons une transformation de nous-même qui vient de l’intérieur, le principe d’une métamorphose.
Un changement de conscience. Conscience de qui je suis, de qui est l’autre, de qui est Dieu.
Conscience de la présence de Christ en moi, de mon union en Lui.
Cela amène une paix, une confiance, une sécurité.
Vivre en conscience n’est pas une autosuggestion, ça ne se vit pas non plus « par la foi », car ça devient un fait pour nous.
Ce changement de conscience entraine un changement de perception de toute chose, un changement d’attitude.
D’autre part, à force de vivre des temps où l’on se dissocie des pensées et où l’on devient observateur, il est beaucoup plus facile de faire « le tri », plus facile de détecter nos vieux référentiels et de collaborer au changement, ce que Paul appelle le renouvellement de l’intelligence et la repentance (dans le vrai sens du terme, un changement de pensée, de point de vue).
Enfin pour ma part, je suis né curieux, j’ai toujours eu soif de connaître, tant de chose m’intéressent et je suis capable de me donner les moyens pour étudier différents domaines. Ceci étant dit, aujourd’hui je suis moins « fan » de connaissances académiques que de connaissances révélées (qu’on appelle parfois gnose), celle qui vient par fulgurances. Celle qui vient de l’Esprit dont Jésus nous a dit qu’il nous enseignerait toute chose.

– Gnose ? Vous faites référence aux gnostiques des premiers siècles ?
– Pas du tout, je parle juste de cette connaissance (pas forcément académique) qui dans le nouveau testament se dit en grec gnosis (et epignosis) qui a donné le mot gnose.

– Et cette pratique d’intériorité quand l’arrêtons-nous ?
– Ce n’est pas parce qu’on sait enfin où est la source qu’on cesse d’y puiser.
Pour ma part je continue et je me délecte. La différence avec les premières années c’est que la conscience de sa présence est toujours là, dans les bons comme dans les mauvais jours, ça change tout.
Je suis passé de la discipline à la conscience mais ça ne m’empêche pas de continuer de prendre des temps à part.
Il est écrit : En lui est la vie, le mouvement et l’être (6). Je reste dans le mouvement tout en restant dans le repos.

– Un dernier mot pour encourager à prendre ce chemin.
–  Ce chemin est vraiment à la portée de tous.
Sachant cela, j’ai juste deux questions :
Prendrez-vous le temps de l’emprunter ?
Le ferez-vous vraiment ou ferez-vous juste un essai ?

———————————————-
(1) Actes.11 :26
(2) Genèse 12 : 1
(3) Matthieu 6 :33
(4) Luc 7 :11
(5) 1 corinthiens 3 :16 et 1 corinthiens 6 :19
(6) Actes 17 :28